Affichage des articles dont le libellé est lipides. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est lipides. Afficher tous les articles

samedi 27 décembre 2014

Le fruit du Pili

Fruits du pili (photo manger-cru)
La nature regorge d’une immense variété de ressources comestibles méconnues. En voici un exemple. Il s’agit d’un fruit d’une valeur nutritive exceptionnelle. Un fruit qui, s’il était mieux connu et davantage consommé, pourraient contribuer à la réhabilitation écologique de zones tropicales et équatoriales et à la lutte contre la malnutrition dans ces régions du monde : le fruit du pili.

Le Pili (Canarium ovatum) est un arbre originaire de l'Asie du Sud-Est maritime, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et l'Australie du Nord. C’est un arbre très rustique, résineux, au feuillage élégant, dont le fruit a l’aspect d’une grosse olive d’environ 5 à 6 centimètres de long, à la peau noire tirant sur le violet. Cette peau assez fine protège une mince épaisseur de pulpe parfois brun-orangé, parfois jaune verdâtre qui enveloppe un noyau difficile à casser qui renferme une amande. Selon Wikipédia (en anglais, il n’y a pas encore de fiche en français), les plantations commerciales qui existent sont pour une utilisation comme arbre d’agrément, pas pour l’exploitation des fruits du pili. Ceux-ci sont récoltés dans les peuplements naturels des montagnes de la région de Bicol aux Philippines.
Photo Wikipedia
La production est donc limitée et irrégulière. C’est la raison pour laquelle la réputation de ce fruit n’a, jusqu’à présent, guère dépassé les frontières de l’archipel des Philippines.

Selon le guide des éditions Bordas, Tous les fruits comestibles du monde de Marie-Pierre Bonnassieux, la noix du pili contient 75% de matières grasses, et 12 à 16% de protéines. De toutes les noix du monde, la noix du pili est celle qui contient le plus d’acides gras saturés et le plus de vitamine E, celle-là même qui protège du cholestérol en l’empêchant de se déposer en plaques dans les vaisseaux sanguins. On peut donc manger la noix du pili sans craindre pour ses artères à condition toutefois de ne pas la griller comme le font souvent les Philippins. Outre le fait que cela dénature les acides gras saturés et détruit la vitamine E, des scientifiques y ont trouvé des niveaux inquiétants d’acrylamides. La pulpe est moins recherchée, ce qui est très injuste car elle est tout aussi nutritive que la noix avec 14,2% de protéines et 6,8% d’acides gras selon The encyclopedia of fruit & nuts, de Jules Janick et Robert E. Paull. Du fait de sa très haute teneur en matière grasse la noix du pili a une saveur beurrée de graines de citrouille rôtie. La pulpe est tout à la fois onctueuse et légèrement fibreuse. Son goût raffiné oscille entre l’olive et le safou, un autre fruit, africain celui-là, qui est lui aussi très gras et trop peu connu. Un article lui a été consacré sur ce blog. Quasiment inconnu en Europe, le fruit du pili devrait connaître la même montée en puissance que la noix de macadamia il y a quelques décennies. C’est, en tout cas, ce que pense Richard A. Hamilton de l’Université d'Hawaii à Manoa, pour qui le fruit du pili possède un grand potentiel de développement. Mais le pili est un arbre dont la propagation est difficile. De plus, il n’est pas facile à cloner. Dans plusieurs fermes sur l'île de Tablas aux Philippines sont actuellement expérimentées des plantations de cultivars sélectionnés. Espérons que ces cultivars seront aussi nutritifs que leurs aînés sauvages. Ce n’est malheureusement pas souvent le cas. Les considérations pratiques, notamment celle de productivité, prennent souvent le pas sur tout le reste.

Tout comme le benkoang, le yacon, l’asimidier et bien d’autres encore, le fruit du pili fait partie de ces milliers de ressources comestibles à haute valeur nutritive, peu ou pas exploitées que l’on trouve dans diverses régions du monde et pas seulement sous les tropiques. L’avenir de notre alimentation est intimement lié à ces ressources comestibles. Si nous ne protégeons pas cette biodiversité alimentaire nous nous condamnons à la malbouffe pour l’éternité car aucun aliment artificiel ne peut égaler en qualités nutritives, gustatives et thérapeutiques ceux que la nature nous donne. Aucun d’eux ne peut être mieux adapté à notre organisme que ceux qui font partie de notre biotope depuis des dizaines de millions d’années. Ceci pour rappeler l’importance du projet NaturEdible qui se donne pour objectif de les recenser et dont nous attendons tous avec impatience la mise en ligne du site web.

Astuce : selon Wikipédia, la coque de la noix du pili est un excellent substrat pour vos orchidées. Décidément tout est bon dans … le fruit du pili.

Autre astuce : Le fruit frais est introuvable en France sauf à certaines périodes chez Orkos. Essayez, ça vaut le coup.


Un site en anglais consacré à la noix du pili

Le fruit du Pili sur Wikipédia

Le safou, une richesse méconnue de la gastronomie africaine

Acrylamides dans l'alimentation

mercredi 29 juillet 2009

Manger cru : Quelles sources de lipides pour une alimentation saine et équilibrée même sans huile ni beurre ?

Les lipides contenus dans l’alimentation ordinaire sont souvent très dégradés et saturés par les traitements qu’ils subissent au cours des divers processus d’extraction et de préparation culinaires ou industriels. Cela contribue à créer ou amplifier de nombreux effets nocifs pour l’organisme : cholestérol, maladies cardio-vasculaires, prise de poids, etc. Heureusement, ceux contenus dans les aliments crus n’ont pas de tels inconvénients.

A – Sources de lipides d’origine végétale :

1 – Les oléagineux
Souvent matière première des huiles vantées pour leurs oméga-3 et oméga-6, ils sont, par leur valeur nutritive, des aliments à part entière et non de simples agents d’assaisonnement. Consommés crus leurs acides gras essentiels sont parfaitement préservés. On peut les déguster, selon les goûts, frais, secs, trempés ou germés :
  • le tournesol
  • les arachides
  • le sésame
  • les noix
  • les noix de pécan
  • les noix de macadamia
  • les noix du Brésil
  • les noisettes
  • les noix de cajou
  • les amandes
  • les pignons de pin
  • les pignons de cèdre
  • les pistaches
  • etc.

2 – Autres fruits et légumineuses dont on fait des huiles
  • les olives
  • les graines de lin
  • le soja
  • les avocats (hass, fuerté, bacon, lula, pinkerton, malares, reed, etc.)
  • etc.

3 – Sources de lipides plus exotiques ou peu connues
  • la noix de coco (le jus et la chair)
  • la coco kopyor dont le jus et la chair abondante se mélangent
  • les coquitos, sorte de mini noix de coco
  • le safou
  • le fruit du pili
  • les drupes de palmier
  • les amandons de noyaux d’olive, d’abricot, de prune, du fruit du pili
  • etc.

B – Les sources de lipides d’origine animale

1 – Les poissons gras pêchés en mer
  • les sardines
  • le hareng
  • le maquereau
  • le saumon
  • les anchois
  • le thon devenu rare du fait de la surpêche
  • etc.
2 – Et ceux d’eau douce, plus rares sur les étals des poissonneries
  • l’omble chevalier
  • l’anguille
Pêchés en pleine mer, dans des rivières ou des lacs préservés, loin des sources de pollution, les poissons ont une valeur nutritive plus complète et plus équilibrée que ceux issus d’élevage. C’est par exemple le plancton dont ils se nourrissent, absent dans les élevages, qui donne aux poissons leur richesse en oméga-3.

3 – Les œufs, dont le jaune est particulièrement riche en acides gras essentiels
  • les œufs de poule
  • les œufs d’oie
  • les œufs de cane
  • les œufs de perdrix
  • etc.
Œufs de préférence issus d’élevages de plein air dans lesquels les volailles ont suffisamment d’espace naturel pour y picorer l’essentiel, voire la totalité de leur nourriture.

4 – Les viandes, notamment leurs parties grasses et la moelle des os
Viandes d’animaux domestiques :
  • porc
  • bœuf
  • cheval
  • chèvre
  • lapin
  • etc.

Ou viandes de gibier :
  • sanglier
  • mouflon
  • chevreuil
  • cerf
  • lièvre
  • lapin de garenne
  • etc.

Et bien sûr les volailles :
  • coqs, coquelets, poules
  • oies
  • canards
  • perdrix
  • dindes
  • palombes
  • pigeons
  • etc.

Les conditions d’élevages influent sur la qualité des viandes et la valeur nutritive des lipides qu’elles contiennent : on préfèrera les animaux élevés en pleine nature toute l’année, avec peu ou pas de compléments alimentaires et sans traitements antibiotiques.

Les aliments transformés riches en lipides ne font pour la plupart que dériver d’aliments naturels qui en contiennent beaucoup. Malheureusement, lors de leur transformation il se produit d’inévitables altérations moléculaires qui ont un triple inconvénient : certains acides gras essentiels sont détruits, ce qui provoque des carences, d’autres deviennent hautement nocifs, sources de cancers, de maladies cardio-vasculaires, de diabète gras, etc., enfin le plaisir qu’on ressent à les consommer ne correspond pas forcément aux besoins de l’organisme. Leur goût souvent trompeur pousse à la surconsommation et donc l’obésité. Heureusement, les aliments naturels riches en lipides sont suffisamment nombreux et variés pour subvenir a nos besoins et ils sont d’autant plus agréables au palais qu'ils seront utiles à l’organisme.

Bonne dégustation.