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dimanche 27 janvier 2013

Enquête consommation : été-automne 2012

Suite de l’enquête consommation entamée, il y a presque un an. Voici les relevés des mois de juillet et août, au cœur de l’été et ceux des mois d’octobre et novembre, au cœur de l’automne.

Concernant la provenance des produits, une très large majorité provient de l’espace Européen. Ces produits sont donc acheminés essentiellement par camion. En été, la provenance est même nationale pour presque la moitié de l’approvisionnement, ce qui laisse présager un bilan carbone nettement plus favorable en été qu’en automne. Hypothèse renforcée par un recours légèrement inférieur en période estivale aux produits d’Asie, lesquels sont acheminés par avion. Les produits d’Amérique sont essentiellement des bananes acheminées par bateau. L’augmentation de 5 à 13%, s’explique par la récupération à un prix avantageux de bananes trop mûres pour les faire sécher. La part de production locale est à la fois conséquente et stable sur les deux saisons. Elle s’explique par l’approvisionnement en tomates anciennes.
Provenance été



Provenance automne



En été trois familles de produit couvent 78% des besoins alimentaires. On notera l’apparition symbolique des céréales, en réalité du maïs, à hauteur de 1%. On est loin des 23% pour une alimentation cuite.

Catégorie été

Catégorie automne
En automne la consommation de melon est remplacée par d’autres fruits. Comme nous l’avions déjà noté dans notre précédent compte-rendu, on constate un fort renouvellement (6 sur 10) des produits les plus consommés d’une saison à l’autre. Cependant, viandes, poisson, légumes, œufs, miel, etc. de même que les protéines végétales que sont les avocats, les safous ou les noix de coco, toutes ces catégories varient assez peu avec le changement de saison et représentent au total environ le tiers des approvisionnements.

"Top ten" de l'été

"Top ten" de l'automne


En saison estivale trois produits couvrent la moitié des approvisionnements contre six en automne. Cela indique que l’approvisionnement et plus diversifié en automne, saison de la récolte, qu’en été.

Un point troublant, en tout cas, qui m’a beaucoup surpris, est la différence notable des quantités consommées entre les deux saisons. Pour les deux mois d’été elles s’élèvent à 446 kilos et chutent à 311 les mois d’automne, soit une baisse de 30%. Si l’on observe la variation d’un mois sur l’autre depuis le début des relevés, soit sur 9 mois, le résultat est encore plus étonnant puisqu’il dessine une courbe sinusoïdale qui suit les saisons avec des quantités variant de 229 kilos en août à 150 en novembre. Parallèlement à cela le nombre de produits différents consommés chaque mois est relativement stable et s’établit à une moyenne de 86.

Evolution sur 9 mois des quantités
Cet étrange phénomène est-il conjoncturel ? Le constaterait-on dans d’autres ménages qui pratiquent le même mode d’alimentation ? Pour l’heure, je ne vois pas explication satisfaisante. J’avance seulement quelques hypothèses : l’abondance de certains produits plutôt bon marché tels que le melon et les tomates en été, les agrumes en hiver ; la diversité des principaux produits consommés pourrait peut-être amener à consommer davantage lorsqu’elle est plus réduite. En tout cas, ce phénomène relance l’intérêt de l’enquête car il sera déterminant de voir s’il se confirme au cours de l’année qui vient. Et vous qui me suivez chaque mois, avez-vous commencé à relever vos achats alimentaires ? C’est facile, ça ne prend que quelques minutes chaque semaine et cela révèle parfois des réalités insoupçonnées.

mercredi 22 août 2012

Enquête consommation : résultats partiels sur un trimestre

Dans un article précédent, considérant les impasses auxquelles les habitudes alimentaires des pays nantis risquent de nous mener, je vous proposais d’évaluer l’impact écologique d’un régime alimentaire 100% cru tel que peuvent le pratiquer certaines personnes qui fréquentent ce blog. Il s’agit pour cela de noter les approvisionnements destinés à l’alimentation crue dans un document Excel pendant une période d’au moins un an afin d’avoir une estimation assez précise des quantités consommées et d’en déduire quel serait l’impact écologique si ce régime alimentaire devenait la norme.
Pour ce qui me concerne cela fait maintenant quatre mois que je note scrupuleusement tous mes achats. Sur une aussi courte durée les résultats ne reflètent pas exactement la réalité de ce qui a été consommé. En effet, la part très faible d’oléagineux certains mois s’explique par le fait que ces produits qui peuvent se stocker ne sont commandés que très irrégulièrement et souvent en quantité pour bénéficier de prix de gros. Après avoir converti les œufs de pièce en poids pour avoir des données cohérentes, voilà ce qui ressort de ces trois premiers mois. J’ai écarté le mois de mars parce que j’avais commencé ma collecte de données en cours de mois. Ce compte-rendu porte donc sur les mois d’avril, mai et juin.
Pour un foyer de deux personnes, une demie tonne de nourriture a été approvisionnée. En extrapolant on devrait obtenir une tonne par personne et par an. Selon les chiffres de la FAO, la quantité de nourriture disponible pour un européen est de 986kg. En termes de quantité de produits alimentaires disponibles, les deux modes d’alimentation ne devraient pas être très différents. Ce ne sera pas le cas en terme de production agricole. En effet, dans le décompte de la FAO apparaissent quelques produits transformés comme l’alcool, les huiles, le sucre et les produits laitiers. Aussi, si l’on se base sur les matières premières produites, les quantités devraient être nettement inférieures dans le contexte d’une alimentation crue par rapport à celui d’une alimentation cuite fortement transformée. Par voie de conséquence, on peut donc pronostiquer un avantage de l’alimentation crue en termes d’emprise de terres agricole.
Sur l’ensemble du trimestre, on constate que les fruits et légumes représentent les trois quarts de l’approvisionnement. Les produits animaux (viandes, poissons, œufs) ne représentent que quelques pourcents.

Répartition par catégorie de produits 

Les variations saisonnières sont importantes et la palette alimentaire s’avère très diversifiée. L’est-elle davantage que dans le l’alimentation cuite ? Elle doit probablement être plus versatile. En effet, chaque mois, ce sont en moyenne plus d’une trentaine de matières premières végétales ou animales différentes qui composent la palette alimentaire : 37 en avril, 35 en mai et 34 en juin et, d’un mois sur l’autre, ce ne sont pas toujours les mêmes puisqu’au total sur l’ensemble du trimestre elles sont près de soixante (57). Si la variété des produits alimentaires est aussi importante en alimentation cuite qu’en alimentation crue, la variété des matières premières nécessaires doit en revanche être sensiblement moindre. Et si cette hypothèse est confirmée cela signifierait un avantage supplémentaire en faveur de l’alimentation crue dans la mesure où elle serait de nature à favoriser la biodiversité.

Répartition par produits sur le trimestre : le top dix

Répartition par produit sur le trimestre : les autres en % des 33% du graphique précédent

La part modeste des produits animaux est aussi un point favorable à mettre au crédit de l’alimentation crue même lorsqu’elle est non strictement végétarienne, ce qui le cas en l’occurrence.

La provenance est sans doute le point le moins propice à l’alimentation crue, surtout en période hivernale. Ici sur une période à cheval hiver-printemps on constate une part très importante pour l’Espagne. Ce pays et l’Italie représentent à eux seuls la moitié des approvisionnements. La France tient elle aussi une part conséquente, si bien qu’on peut dire que les deux tiers de l’approvisionnement se fait par camion sur des distances de l’ordre de 1000 km en moyenne. Une petite partie de l’approvisionnement se fait par bateau, notamment pour ce qui concerne les bananes et quelques autres produits peu fragiles et environ 25% proviennent de pays lointains et sont acheminés par avion.

Répartition par provenance 

Il faudrait analyser plus finement et de préférence sur une plus longue période pour comparer l’empreinte énergétique de l’alimentation crue liée au transport avec celle de l’alimentation cuite. Il n’est pas certain que le résultat soit en défaveur de l’alimentation crue.

Voilà pour ce qui est des premières constatations. Il est trop tôt pour en tirer autre chose que des hypothèses. Nous verrons dans les mois qui viennent si les tendances observées se confirment. Si de votre côté vous avez commencé l’expérience, n’hésitez pas à m’en informer. La confrontation des données peut apporter quelques enseignements intéressants. 
 

lundi 25 juin 2012

Nourrir la planète : Est-ce mieux ou pire en mangeant cru ?

Dans un précédent article sur ce blog (Surpopulation : Nourrir 12 milliards d’être humains, est-ce possible ?), dans lequel j’évoquais les impasses des systèmes de production alimentaire, notamment l’agriculture industrielle, j’ai eu l’occasion d’exposer quelques données intéressantes disponibles sur le site internet de la FAO. J’avais ainsi montré qu’aux conditions actuelles de consommation, la quasi-totalité des terres cultivées devraient être consacrées à la production de céréales pour subvenir aux besoins de 12 milliards d’êtres humains, ne laissant quasiment rien aux autres productions, ce qui est tout bonnement irréaliste. La conclusion qui s’imposait à cette démonstration était que l’adoption de méthodes de culture plus respectueuses de l’environnement ne suffira pas pour résoudre le problème et que les habitudes alimentaires devront nécessairement évoluer pour qu’il soit possible de nourrir tout le monde en 2050.

Les chiffres de la FAO permettent de se faire une idée des habitudes alimentaires. Le graphique ci-dessous, tiré de cet article en donne une illustration synthétique et met en relief les différences entres pays à hauts revenus et pays défavorisés.

Les européens consomment dix fois plus de produits laitiers, huit fois plus de viande, cinq fois plus d’alcool, trois fois plus de fruits que les populations de pays pauvres. Au total un européen mange davantage que deux africains dont le menu se compose essentiellement de céréales et de légumes. Les uns ont une alimentation carencée, peu diversifiée et, dans certaines régions, notoirement insuffisante, les autres ont une alimentation excessive et manifestement trop riche en graisses saturées et en sucre. Le régime des premiers est peu enviable, celui des autres n’est ni bon pour la santé ni tenable à long terme dans un monde qui voit sa population augmenter et ses ressources diminuer.

Selon les recommandations officielles en matière d’alimentation, nous devrions manger davantage de crudités et de fruits frais. Si elles étaient universellement respectées qu’en serait-il de la production agricole ? Permettraient-elles de nourrir 12 milliards de bouches ? La productivité des arbres fruitiers et des cultures vivrières est nettement plus élevée que celle des céréales mais cela suffirait-il ? A partir des chiffres fournis par la FAO, on peut extrapoler ce que donnerait en terme d’emprise sur les terres cultivables une augmentation de la consommation de fruits mais il est difficile de prévoir au détriment de quelle autre catégorie d’aliments se ferait cette augmentation et donc quelles emprises seraient ainsi libérées au profit de l’arboriculture fruitière. Il est par ailleurs périlleux d’évaluer la variation de l’emprise des cultures vivrières puisque les légumes se consomment tantôt cru, tantôt cuit. On ne peut donc rien conclure quand à la viabilité à long terme des recommandations alimentaires des autorités de santé. Pour le savoir, ou tout au moins avoir un début de réponse à cette question, la seule solution serait de faire des enquêtes de terrain consistant à comptabiliser les quantités d’aliments consommés par des populations ayant des habitudes alimentaires différentes. De telles enquêtes posent des problèmes de mise en œuvre qui peuvent se révéler complexes : Comment prendre en compte les quantités consommées au restaurant d’entreprise ou à la cantine scolaire ? Comment déduire des produits transformés (pizzas, plats cuisinés, conserves, etc.) les quantités de matières premières qui ont été nécessaires à leur élaboration ? Autant de questions qui ne se posent pas avec la même acuité lorsque l’on mange cru. La fréquentation des restaurants est assez rare et les approvisionnements ne concernent que des matières premières agricoles. Il est donc aisé, dans ce cas de figure, de déduire l’emprise agricole d’une personne qui mange cru, tout au moins dans la mesure où elle mange cru à 100%. C’est ainsi que m’est venue l’idée de comptabiliser mon approvisionnement familial pendant au moins un an, période minimale pour un cycle saisonnier complet. J’ai entamé cette collecte de données il y a environ deux mois. Chaque week-end, après les courses et lors de la livraison de nos commandes par correspondance, j’enregistre dans une feuille Excel les quantités ravitaillées. Une feuille simplissime, composée de trois colonnes : la première pour l’aliment, la seconde pour la date, et la troisième pour la quantité. Le but n’étant pas d’étudier l’apport nutritif des aliments, je ne distingue pas les variétés. Oranges blondes et sanguines ou demi-sanguines sont toutes regroupées dans la même rubrique "Oranges". De même pour les diverses variétés d’avocats, de dattes ou de miel. J’ai prévu une quatrième colonne pour y inscrire la provenance. Elle permettra d’estimer l’empreinte carbone de l’acheminement. Dans cette colonne je mets la mention "Cueillette" pour tout ce qui vient de mon jardin ou de cueillette dans la nature et la mention "Producteur" pour tout ce que j’achète directement aux producteurs locaux. Pour le reste j’inscris le pays d’origine pour les provenances européennes ou le continent pour les produits qui viennent de loin et sont acheminés par avion. Grâce à la fonctionnalité Excel de tableau croisé dynamique, une synthèse est automatiquement mise à jour sur une seconde feuille. J’ai ainsi un tableau de bord des quantités approvisionnées que je peux consolider par produit, par provenance, par date ou intervalle de date. Cette collecte de données est beaucoup plus simple que celle consistant à peser à chaque repas les quantités consommées. Elle ne prend que quelques minutes par semaine. Même si une petite partie des quantités enregistrées n’est pas consommée, notamment à causes de pertes ou qu’elle est consommée par des tierces personnes, des invités par exemple, ces chiffres reflètent bien ce dont dispose effectivement un foyer pour se nourrir et peuvent donc être comparés aux chiffres de la FAO. Il suffirait alors qu’un nombre suffisant de foyers participe à cette collecte d’informations pour en déduire l’empreinte agricole des personnes qui mangent cru et de là, estimer la viabilité écologique de ce type d’alimentation.

C’est pourquoi je lance un appel à vous, chers lecteurs parmi lesquels je sais qu’un certain nombre sont crudivores à 100%, parfois de longue date. Notez vous aussi vos approvisionnements dans une feuille Excel. C’est facile, peu contraignant, juste une habitude à prendre en revenant de vos courses ou au moment de faire vos comptes. Car cela peut vous être utile. Vous connaîtrez ainsi mieux vos consommations et donc vos besoins. N’êtes-vous pas curieux de connaître la proportion de fruits, de légumes, d’oléagineux, de viandes, de fruits de mer dans votre alimentation ? Il nous est parfois fait le reproche d’avoir un mode d’alimentation peu écologique en raison du recours à des produits exotiques acheminés par avion. Cette enquête vous permettra de calculer l’empreinte carbone de votre alimentation. Si vous avez un jardin, ces informations collectées patiemment vous permettront d’évaluer précisément la part de votre production personnelle et peuvent s’avérer précieuses pour choisir le nombre et les variétés d’arbres et de plantes à y cultiver afin d’assurer à toute votre famille une production à la fois diversifiée, suffisante et étalée.

Cliquez sur ce lien pour Télécharger un modèle de fichier Excel (au format Office 2007-2010) et commencez dès aujourd’hui la saisie de vos approvisionnements. L’utilisation de ce document Excel est simple :
  • Notez dans l’onglet Synthèse le nombre de personnes qui mangent cru à 100% ainsi que votre pays de résidence.
  • Notez dans l’onglet Données uniquement ce que vous destinez à la consommation crue. Si dans votre foyer certaines personnes ne mangent pas cru, ne comptez pas ce que vous achetez spécifiquement pour elles. Par exemple, ne comptez pas les pommes de terre ou les carottes que vous destinez au pot-au-feu, ni les tomates, poivrons et aubergines de la ratatouille.
  • Inutile de décompter les quantités de nourritures que vous destinez à être consommée crue que ces personnes ou des invités pourraient consommer. De même, inutile de décompter la nourriture perdue, même si, pour ne pas la jeter, vous l’avez fait cuire.
  • A l’exception des œufs qui seront comptés à la pièce, utilisez toujours le kilogramme comme unité de quantité et n’oubliez pas de convertir en kilo tout autre produit vendu à la pièce.
  • Arrondissez les quantités. La précision au gramme près n’est pas nécessaire.
  • Pour les fruits secs, notez le poids séché. Toutefois, dans la liste des produits, distinguez bien le produit séché du produit frais. Par exemple pour les figues vous pourrez avoir deux lignes, l’une pour les figues fraîches, intitulée "Figues" et une autre pour les figues séchées, intitulée "Figues séchées"
  • Si vous avez deux provenances pour un même produit, saisissez deux lignes distinctes. Par exemple si vous achetez deux barquettes de 250g de fraises d’Espagne et deux barquettes de 250g de fraises françaises, saisissez une ligne "Fraises", quantité "0,5", provenance "Espagne" et une autre ligne "Fraises", quantité "0,5", provenance "France".
  • Pour la provenance saisissez : 
    • "Cueillette" s’il s’agit de votre production personnelle, voire de la production offerte par un voisin, un ami ou la famille, ou s’il s’agit d’une cueillette faite dans la nature.
    • "Producteur" s’il s’agit de produit acheté directement au producteur, à la ferme, sur un marché, dans une AMAP.
    • Le pays d’origine pour les provenances du pays où vous résidez où des pays voisins
    • Le continent pour les produits de lointaine provenance et acheminés par avion.

Faites connaître votre participation à cette enquête en postant un message sur la liste de diffusion Manger-Cru (lien) ou sur la page Facebook Manger-Cru (lien).