samedi 24 novembre 2012

Soyez acteur de votre santé

La science est formelle : Une alimentation cuite et transformée est néfaste pour la santé. Chaque année, de nouvelles études viennent en confirmer les méfaits et les dangers : AGE, acrylamide, furanes, graisses saturées, etc. Ce que dit la science est simple : les aliments bénéfiques, ceux qui sont nourrissants et sans risque pour la santé, ceux qui ont même une action préventive, ce sont les aliments crus, notamment les fruits et légumes. Et les résultats sont parfois surprenants. Voici deux témoignages glanés sur internet.

Sur le site www.purelyraw.com, Chris Carlton parle de son passé d’obèse et comment le passage au cru a totalement changé sa vie. Il commence son histoire par ces mots « J’étais souvent malade. » Sinusites, rhumes, bronchites, troubles de la respiration étaient son « état normal ». En surpoids dès l’enfance, issu d’une famille d’obèses du côté de son père, il ne se demandait pas « si » mais « quand » le diabète ou la maladie cardiaque allaient arriver. « J’étais sous traitement régulier d’"Actifed" (chlorhydrate de pseudoéphédrine / triprolidine hydrochloride) et de «Tylenol» (acétaminophène) et d’autres médicaments prescrits par mon médecin à l'époque. J’avais toujours sous la main une boîte de pilules et je n’étais jamais à plus de 10 mètres de mon inhalateur de secours. À l'âge de 35 ans, j'étais en mauvaise posture. Je pesais 363 livres (164 kg) ». Et puis Chris a décidé de changer de vie. Il s’est acheté un camping-car et est parti à l’aventure. Ce faisant, disposant de peu de budget mais de beaucoup de temps libre, Chris s’est mis à préparer ses repas. Sans même s’astreindre à un régime particulier, il a constaté qu’il allait mieux ainsi. Pour la première fois de sa vie, Chris prend conscience que ni l’obésité ni les maladies ne sont une fatalité, que sa santé dépend aussi et surtout de ce qu’il mange. De passage en Californie, il découvre d’abord le végétarisme puis l’alimentation crue. Aujourd’hui il a perdu plus de la moitié de son poids d’avant, stabilisé à 74 kg et il ne tarit pas d’éloges sur son nouveau mode de vie : « Je suis en bonne santé. Vraiment en bonne santé! Je n'ai pas été malade depuis trois ans. Ma tension artérielle est normale et mon taux de cholestérol est de 2,5 mmol/L (100 mg/dL, l’unité de mesure aux USA) »

Chris avant et après
Voici un autre témoignage, celui de Cecilia sur son site www.rawglow.com. Elle aussi se souvient qu’avant, elle était souvent malade. Elle souffrait d’infections respiratoires à répétition. Voici ce qu’elle en dit : « Dès l'âge de sept ans, j’étais asthmatique et atteinte de sinusites chroniques. À l’âge de 10 ans, j'avais 4 médicaments différents pour mon asthme, 3 types d'inhalateurs et des pilules anti-histaminiques […] Je devais utiliser mes inhalateurs jusqu’à 14 fois par jour. A chaque fois je sentais mon cœur battre la chamade à cause de l’effet de stimulation qu’il produisait sur moi. J’avais appris à vivre avec ça sans jamais imaginer que je pouvais guérir. Je pensais que c’était pour toujours » A l’adolescence un autre problème de santé est venu gâcher un peu plus la vie de Cecilia, le surpoids. : « Après le lycée, j'ai arrêté de jouer au football et j’ai commencé à prendre du poids. Je n'étais pas obèse mais je ne me sentais pas à l'aise dans mon corps. Je me souviens d’un shopping en Espagne. J’avais 19 ans et je ne trouvais pas d’autres maillots de bain à ma taille que ceux pour femmes plus âgées. J’en étais confuse et honteuse. Ce problème de poids me désespérait parce que j’étais gourmande. Bien manger était un réconfort. C’était mon ultime plaisir. »

Cecilia à 22 ans
Cecilia aujourd'hui
Et puis Cecilia a perdu sa mère, ce qui l’a beaucoup perturbée. A 22 ans, elle était déprimée, faisait des crises d’anxiété et de panique. En plus des problèmes d’asthme et de sinusite, elle cumulait, dérangements digestifs, cycles menstruels irréguliers, éruptions étranges, infections urinaires à répétition. Pour la soigner, les médecins n’avaient rien d’autre à lui prescrire que des antibiotiques. Cecilia a commencé à reprendre le dessus grâce à un régime qu’on lui a conseillé et qui l’a amené à supprimer les produits laitiers et limiter ceux à base de farine blanche et de sucre. Elle a tenu 6 mois et son état s’est amélioré. Mais ce n’est qu’avec l’alimentation crue que les choses ont vraiment changé : « Dès la première semaine, j’ai remarqué que j’avais plus d’énergie. Je me suis dit que si l’aliment cru que je mangeais était si plein de vie, cette force vitale devait être transmise à mon corps. […] Dès le quatrième mois, j’ai pu me passer de mes médicaments contre l’asthme. Je n’en avais plus et il n’est jamais revenu. En six mois, j’ai perdu 15 livres. Au cours du huitième mois, j’ai fait neuf jours de jeûne à l’issu desquels les boutons que j'avais sur mes bras et mes cuisses ont disparus. J'ai aussi remarqué que mes yeux marron foncé étaient devenus un peu plus clairs. Au bout d’un an, mon cycle menstruel était devenu plus régulier. Je me sentais plus en harmonie avec mon vrai moi, plus en confiance avec mon corps. Ma peau était devenue plus claire, mon teint plus lumineux et plus jeune. » Ce régime cru de Cecilia ne semble pas lui peser, contrairement à celui qu’elle avait essayé avant : « j'apprécie vraiment chaque repas cru. J'aime les saveurs vibrantes de fruits mûrs frais et des légumes justes cueillis. Quand je mange des aliments crus J'ai l'impression que chaque cellule de mon corps est nourrie, que mon corps chante, qu’il est heureux. C’est une sensation vraiment singulière, incroyable! ».


S’il est vrai que de nombreuses vertus préventives sont reconnues pour les aliments crus, ces témoignages tendent à leur donner un véritable pouvoir thérapeutique. De tels résultats, aussi spectaculaires, ne sont peut-être pas généralisables. Ils sont néanmoins cohérents avec l’état des connaissances scientifiques actuelles. Ils montrent surtout que le point de départ de ces améliorations, c’est la prise de conscience qu’il n’y a pas de fatalité, que nous sommes responsables de notre santé. Les médecins soignent la maladie mais c’est à chacun de préserver sa santé. Redécouvrir les plaisirs crus et s’y adonner est, à cette fin, le plus agréable des chemins.

Les bienfaits de l'alimentation crue

Trois étapes vers une alimentation saine et agréable

samedi 27 octobre 2012

Accaparement des terres : Nécessité d'une éthique pour les investissements fonciers agricoles

La signature, en mai 2008, d’un bail de 99 ans entre l’état Malgache et le conglomérat Daewoo pour l’exploitation de 1,5 millions d’hectares de terres destinés à fournir près de la moitié des importations de maïs de la Corée du Sud a mis sous les feux de l’actualité un phénomène jusqu’alors ignoré du grand public, celui de la spéculation foncière agricole. Une pratique qualifiée d’accaparement des terres par de nombreuses ONG lorsqu’elle concerne des pays pauvres où la malnutrition touche, comme c’est justement le cas à Madagascar, plus de la moitié des enfants de moins de trois ans. Ce phénomène qui ne se limite pas à quelques pays défavorisés est préoccupant car il traduit dans les faits des évolutions fondamentales qui déterminent l’avenir de notre alimentation, que l’on mange cru ou pas.

Au niveau mondial, la progression du volume des échanges a commencé en 2005. Elle a connu un pic considérable en 2009 avant reprendre dès 2010 le rythme des années précédentes.
Superficies des terres acquises entre 2000 et 2010 (en millions d'hectares)
Ce sont l’augmentation des besoins en denrées alimentaires et le développement des biocarburants qui ont enclenché ce processus à l’échelle mondiale au cours des années 2000. Les besoins en denrées alimentaires sont durablement poussés à la hausse par l’augmentation soutenue de la population mondiale et la progression du niveau de vie des classes moyennes des pays émergeants. De son côté, le renchérissement des prix pétroliers a favorisé le décollage de la production de biocarburants. Enfin le mouvement de panique des marchés financiers lors de la crise systémique qui s’est déclenché en 2008, en ramenant les investisseurs vers des valeurs refuge, explique le pic de 2009.

Selon les chiffres recueillis par l’IREC dans son rapport de mars 2012, 98% de ces acquisitions se font dans les pays du tiers monde, c'est-à-dire en Afrique (67%) et, dans une moindre mesure, en Asie (22%) et en Amérique latine (9%). Ce mouvement devrait se poursuivre et s’amplifier dans la décennie 2010-2020 tant il est aisé d’acquérir des terres dans ces régions où les populations qui en vivent possèdent rarement un titre de propriété. Les états qui administrent ces terres voient dans l’intérêt qu’elles suscitent, au mieux l’opportunité d’attirer des capitaux étrangers pour soutenir le développement économique de leur pays, au pire l’occasion d’enrichissement personnel. C’est ainsi que des multinationales et des fonds de pensions peuvent acquérir de vastes espaces de plusieurs centaines de milliers d’hectares. L’aggravation brutale de la crise systémique annoncée par le LEAP pour la fin 2012, si elle se confirme, devrait doper considérablement ce phénomène. Cette nouvelle secousse, pronostiquée plus forte encore que la première, pourrait même faire de 2013 une année exceptionnelle. Le précédent record de 2009 qui avait vu les acquisitions foncières multipliées par 5 risque fort d’être explosé. Au vu des tendances enregistrées ces dernières années, on peut s’attendre à un volume de transaction de l’ordre de 60 à 100 millions d’hectares, soit 50 fois supérieur à celui d’avant la crise.

Dans les autres régions du monde, les investissements fonciers existent aussi mais dans de plus modestes proportions. En Europe, ce sont les pays de l’ancien bloc soviétique qui sont les plus concernés. Découragés par le coût du foncier dans leur pays, des agriculteurs français viennent s’installer en Ukraine. Des sociétés d’investissement s’engouffrent sur ce créneau et mettent en location les terres acquises. Celles-ci sont généralement fertiles. Elles sont rapidement mises en exploitation. Leur rentabilité est bonne. Les modes d’exploitation reproduisent, à une plus grande échelle, ceux pratiqués en France. Du point de vue environnemental cela signifie : utilisation massive d’intrants, monoculture, destruction de la biodiversité, hyperconsommation de pétrole pour les carburants et la fabrication des engrais et pesticides. L’augmentation du coût du pétrole et la dégradation environnementale devraient éroder la rentabilité de ces investissements à moyen terme.

La situation est très différente en Afrique. Zones souvent arides, insuffisance voire absence d’infrastructures, instabilité politique, sont autant de handicaps à une valorisation rapide et rentable. Néanmoins, ces terres constituent des actifs prometteurs. D’abord, la captation foncière permet la captation de la ressource en eau. Dans son rapport publié en juin 2012, l’ONG GRAIN la dénonce en ces termes : « Derrière chaque accaparement de terre, il y a l’accaparement de l’eau ». Les investisseurs font le pari que l’accès à l’eau, souvent inclus gratuitement et sans restriction lors des transactions, pourrait valoir bien davantage à moyen ou long terme que la transaction initiale. Ensuite, il y a les tendances structurelles lourdes, la démographie et la demande des pays émergents qui poussent à la hausse les prix du foncier agricole. Enfin les effets conjugués du réchauffement climatique et des atteintes à l’environnement en partie dues à l’agriculture industrielle pèsent sur la productivité agricole mondiale et aggrave la pénurie alimentaire. C’est le cas cette année où les récoltes de céréales sont à leur plus bas niveau depuis des décennies à cause d’épisodes de sécheresse intense aux USA mais aussi en Russie qui sont les deux plus gros exportateurs de céréales de la planète. Dans ce contexte, la recherche de nouvelles surfaces à exploiter se fait chaque année plus prégnante. Enfin la baisse continue des aides au développement amène les pays du Sud à rechercher de nouvelles sources de devises en cédant leur patrimoine foncier. Cette combinaison multi-factorielle favorise la spéculation foncière qui n’en est qu’à ses débuts. Elle devrait prendre une très grande ampleur dans la décennie en cours et celles à venir, jusqu’à se hisser au niveau des valeurs technologiques et financières.

A ces tendances de fond vient s’ajouter un puissant facteur déstabilisateur : La raréfaction des ressources pétrolières. L’agriculture moderne est un secteur très dépendant du pétrole, pas seulement pour l’énergie mais aussi pour les engrais et les pesticides, (la production d’un kilo d’engrais nécessite 1,5 litres de pétrole, la production d’un kg de bœuf 2 litres, etc.). Depuis quelques années déjà, nous sommes entrés dans une période de fortes turbulences caractérisée par d’importantes variations du prix du baril de brut. Cette situation va tempérer les ardeurs des investisseurs qui ont besoin de visibilité à moyen et long terme, tandis que les exploitants vont voir leur modèle économique constamment remis en cause par les vagues successives de hausse de leurs coûts de production. Ce facteur déstabilisateur pourrait accélérer le mouvement d’adaptation vers une agriculture décarbonnée mais il risque aussi de nourrir une forte instabilité sociale dans le monde agricole.

Dans ce contexte la valorisation des terres dans les zones tropicales semi-arides ne tiendra pas ses promesses. Selon l’économiste Jean-Jacques Gabas « La réalité de la mise en œuvre des terres accaparées est très éloignée des annonces initiales". Dans une étude de cas qu’il a réalisé sur Madagascar, il constate que sur l'ensemble des surfaces recherchées qui atteignait 3 millions d'hectares fin 2009, « les superficies réellement cultivées ne s'élèvent qu'à 22 000 hectares ».
Il y a sans doute beaucoup d’illusions quant à la capacité de ces terres à répondre aux besoins futurs, surtout de la part de ceux qui entendent les exploiter à grande échelle comme aux USA. Les ressources en eau sont notoirement insuffisantes et celles en pétrole ne suivront pas. Des illusions entretenues par les effets d’annonce comme celle de la découverte d’immenses nappes d’eau souterraines dans le Sahara ou encore les projets d’usines de dessalement de l’eau de mer alimentées par des centrales nucléaires. Mais qu’importe les illusions, du moment qu’elles soutiennent la spéculation ! Les principales victimes de ces tractations sont les populations de droit coutumier qui vivent dans ces espaces sauvages. Sur leurs terres ancestrales ils se voient désormais, au mieux tolérés, souvent indésirables voire expulsés. Et c’est précisément cela qui justifie que l’on parle d’ "accaparement".

Il y a pourtant une place pour l’équité dans ces investissements fonciers. L’apport de ressources financières par des investisseurs peut être bénéfique pour valoriser des terres sous-utilisées. Elles seront nécessaires pour nourrir les 9 à 12 milliard de bouches à l’horizon 2050. Or ces populations autochtones que l’on néglige détiennent une connaissance précieuse de leur milieu et sont sans doute les mieux placés pour valoriser leurs terres. Reconnaître leurs droits coutumiers serait une première étape. Au Brésil, des peuples d’Amazonie l’ont obtenu mais ce n’est pas le cas dans la plupart des pays d’Afrique. Cette condition préliminaire respectée, des investissements fonciers responsables sont possibles s’ils vont dans le sens d’une préservation de la flore et la faune sauvage, si, dans le souci d’obtenir une productivité à la fois élevée et pérenne, ils adoptent des modes de culture qui restaurent les sols et développent la biodiversité. Ces modes de culture, permaculture, agroforesterie, cultures sur buttes et paillis, BRF, Push-Pull, etc., sont depuis longtemps expérimentés dans diverses régions du monde et notamment en zone aride. Elles ont montré qu’il est possible d’obtenir d’excellents rendements avec peu de mécanisation, peu d’irrigation, sans aucun produit chimique. Elles mettent en œuvre des techniques simples et à la portée de toutes les populations.

Enfin et il est important d’insister sur ce point, l’investissement foncier, s’il se veut éthique, doit aussi aller dans le sens d’une meilleure alimentation, plus diversifiée en fruits et légumes, moins axée sur les céréales, les produits laitiers ou les viandes. D’abord parce que les monocultures céréalières et l’élevage sont catastrophiques pour l’environnement et la biodiversité. Ensuite parce que les aliments à base de céréales et les produits laitiers posent de nombreux problèmes de santé. Faut-il le rappeler, l’alimentation naturelle de l’espèce humaine, celle qui fut la sienne pendant des millénaires est essentiellement frugivore et végétale, occasionnellement carnivore. Tant pour des raisons de santé publique qu’environnementales et afin qu’il soit possible de nourrir l’humanité même en 2050 avec 12 milliards d’âmes, il est indispensable d’orienter prioritairement l’investissement agricole vers des productions fruitières et légumière diversifiées.
Si dans vos relations il y a des entreprises ou des particuliers tentés par des placements fonciers agricoles, n’hésitez pas à user de votre pouvoir d’influence pour les mettre en garde quand aux aléas de ce type d’investissement et les sensibiliser sur la nécessité d’une approche de développement durable en la matière, c'est-à-dire une approche globale qui allie pleinement business, social et écologie.

Le monde du 4 octobre 2012 : Oxfam s'alarme de la flambée des accaparements de terres

L'accaparement de l'eau au coeur des transactions foncières au Sud

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Surpopulation : Nourrir 12 milliards d'êtres humains, est-ce possible ?