lundi 25 février 2013

La banane : Pour votre santé, profitez-en … à condition qu’elle soit bio

Disponible sur nos tables toute l’année, la banane est, avec l’orange, le fruit tropical le plus banal qui soit. De fait, ces deux fruits sont les deux premières productions fruitières dans le monde. La production mondiale de bananes est dominée par une seule variété, la Cavendish, qui est exportée dans le monde entier. C’est elle qui orne les tables occidentales. Dans les régions tropicales, ce sont souvent des variétés plus anciennes, il en existe plus de 1000, qui constituent une nourriture de base pour des millions de personnes. La banane n’est pas le fruit d’un arbre mais celui d’une herbe géante et celle que nous connaissons et consommons n’existe pas à l’état sauvage dans la nature car c’est une pure création humaine.

Origines de la banane

Les bananiers cultivés sont tous issus de bananiers sauvages, et plus particulièrement de deux d’entre eux : le bananier Musa Acuminata et le bananier Musa Balbisiana. Les fruits de ces bananiers contiennent des graines fertiles. Actuellement, on dénombre environ 180 variétés fertiles, toutes originaires d’Asie du Sud-Est (Inde, Polynésie), mais leur recensement n’est pas encore définitif. C’est à partir de croisements entre ces espèces que sont apparues spontanément les variétés sans graine. Ces variétés, plus charnues que les autres, ont naturellement intéressé les humains qui ont commencé à les pérenniser en utilisant leur potentiel de multiplication végétative par enracinement de leurs ramifications latérales. C’est ainsi qu’au fil des siècles plus de 1000 cultivars aussi divers par le goût que par la forme et la couleur ont été créés par les humains. C’est un patrimoine millénaire qui s’est ainsi perpétué de génération en génération jusqu’à nos jours. La Cavendish, variété la plus cultivée, est en fait un groupe variétal d’où sont issus les variétés commerciales destinées à l’export : Lacatan, Poyo, Williams, Grande naine et Petite naine. La banane Fayssinette et la Figue sucrée appartiennent au groupe Sucrier et sont, comme leur nom l’indique, particulièrement sucrées. On les trouve sur tous les continents, tout comme la Gros-Michel et la Figue-Pomme qui est une banane dite « dessert acide » à cause de son goût à la fois sucré et acidulé. Il y a aussi les bananes légume, dont le groupe variétal le plus connu est la Plantin avec ses sous-variétés French-corne et Faux-corne.

Le commerce de la banane

Le commerce mondial de la banane s’est développé à partir de la fin du 19ème siècle jusqu’à prendre une importance considérable. Alors que la banane est cultivée dans de très nombreux pays, très peu sont exportateurs. La majorité d’entres-eux sont situés en Amérique Latine (Equateur, Colombie, Costa Rica, Caraïbes). Ils contribuent à plus de 85% du commerce international de la banane. Quelques pays Africain et Asiatiques se partagent le reste. Pour ces pays exportateurs, la dépendance vis-à-vis de la filière banane est grande. C’est une activité qui occupe toute l’année une main d’œuvre nombreuse et relativement peu qualifiée, jouant ainsi un rôle crucial dans la lutte contre la pauvreté. Grâce aux exportations hebdomadaires régulières, des services de fret maritime réguliers ont été créés. Ils ont favorisé les importations de marchandises nécessaires au développement de ces pays et à la vie quotidienne de leurs habitants. Ces exportations régulières ont aussi permis de stabiliser des lignes maritimes sur lesquelles peuvent se construire d’autres filières d’exportation dans les domaines agricole et industriel. Le revers de la médaille, ce sont les conséquences environnementales et sanitaires d’une culture industrielle fortement consommatrice de produits chimiques. En 2007, le rapport d’expertise du professeur Belpomme a mis sous les projecteurs de l’actualité le scandale du chlordécone, insecticide interdit mais encore massivement utilisé aux Antilles françaises. Outre le chlordécone, plus d’une centaine de produits chimiques ont été déversés depuis les années 1930 qui marquent le début de la culture industrielle de la banane aux Antilles. Une estimation de 1997 évoque en moyenne 70kg de pesticides déversés par an et par hectare à la Martinique. En Amérique centrale, les cultures industrielles sont tout aussi dévastatrices. L’application d’énormes quantités de pesticides entraîne d’importants effets irréversibles sur les écosystèmes environnants (pollution, déforestation, ...) et sur la santé humaine des exploitants et des ouvriers (empoisonnement, infécondité, etc.). L’intervention d’ONG a néanmoins favorisé l’émergence d’une filière bio et équitable qui commence à prendre de l’ampleur. Heureusement car ce fruit ne manque pas de qualités nutritionnelles.

Valeur nutritive de la banane

Les nombreuses variétés de bananes, souvent très différentes par leur goût, n’ont sans doute pas toutes les mêmes valeurs nutritives. Les données dont on dispose concernent la banane ordinaire, la Cavendish. Elle contient une importante quantité de potassium. Celui-ci est très bénéfique pour le cœur et le système cardiovasculaire. Il joue un rôle essentiel dans la contraction musculaire, et donc à la fois dans les battements cardiaques, les mouvements du corps ou encore la digestion. Ce même potassium, en favorisant l’assimilation du calcium, s'oppose à son excrétion urinaire, ce qui réduit les risques de calculs rénaux et d'ostéoporose. La banane apporte de la vitamine C, qui est essentielle au bon fonctionnement de notre système immunitaire et donc à la prévention et la lutte contre les maladies infectieuses. Grâce à sa teneur élevée en fer, elle stimule la production d'hémoglobine dans le sang, aidant ainsi à diminuer les risques d'anémie. La banane contient aussi du tryptophane, qui aide le corps à produire la sérotonine qui a un effet sur l'humeur et qui agit comme un sédatif doux. Sa teneur en vitamine B6 permet de réguler le taux de sucre dans le sang. La vitamine B6 est également essentielle pour la production des anticorps, favorise le maintien d'une réponse immunitaire saine et aide également à convertir les glucides en glucose maintenant ainsi un taux de sucre sanguin correct. Enfin les bananes sont également une bonne source de fibres alimentaires solubles et insolubles, ce qui en fait un fruit très digeste.

Fruit généreux et peu onéreux, la banane nous accompagne tout au long de notre vie. Très digeste, elle est le premier fruit que découvre bébé encore au sein. Elle est dans le cartable d’école de nos enfants. Elle est appréciée des sportifs et des travailleurs de force. Tout au long de l’année, elle mérite sa place sur notre table, surtout si elle est bio.

La banane : de son origine à sa commercialisation

Antilles : le retour de la banane n'élimine pas les pesticides

Pollution par les pesticides en Martinique et Guadeloupe

La Banane dans Wikipédia

dimanche 27 janvier 2013

Enquête consommation : été-automne 2012

Suite de l’enquête consommation entamée, il y a presque un an. Voici les relevés des mois de juillet et août, au cœur de l’été et ceux des mois d’octobre et novembre, au cœur de l’automne.

Concernant la provenance des produits, une très large majorité provient de l’espace Européen. Ces produits sont donc acheminés essentiellement par camion. En été, la provenance est même nationale pour presque la moitié de l’approvisionnement, ce qui laisse présager un bilan carbone nettement plus favorable en été qu’en automne. Hypothèse renforcée par un recours légèrement inférieur en période estivale aux produits d’Asie, lesquels sont acheminés par avion. Les produits d’Amérique sont essentiellement des bananes acheminées par bateau. L’augmentation de 5 à 13%, s’explique par la récupération à un prix avantageux de bananes trop mûres pour les faire sécher. La part de production locale est à la fois conséquente et stable sur les deux saisons. Elle s’explique par l’approvisionnement en tomates anciennes.
Provenance été



Provenance automne



En été trois familles de produit couvent 78% des besoins alimentaires. On notera l’apparition symbolique des céréales, en réalité du maïs, à hauteur de 1%. On est loin des 23% pour une alimentation cuite.

Catégorie été

Catégorie automne
En automne la consommation de melon est remplacée par d’autres fruits. Comme nous l’avions déjà noté dans notre précédent compte-rendu, on constate un fort renouvellement (6 sur 10) des produits les plus consommés d’une saison à l’autre. Cependant, viandes, poisson, légumes, œufs, miel, etc. de même que les protéines végétales que sont les avocats, les safous ou les noix de coco, toutes ces catégories varient assez peu avec le changement de saison et représentent au total environ le tiers des approvisionnements.

"Top ten" de l'été

"Top ten" de l'automne


En saison estivale trois produits couvrent la moitié des approvisionnements contre six en automne. Cela indique que l’approvisionnement et plus diversifié en automne, saison de la récolte, qu’en été.

Un point troublant, en tout cas, qui m’a beaucoup surpris, est la différence notable des quantités consommées entre les deux saisons. Pour les deux mois d’été elles s’élèvent à 446 kilos et chutent à 311 les mois d’automne, soit une baisse de 30%. Si l’on observe la variation d’un mois sur l’autre depuis le début des relevés, soit sur 9 mois, le résultat est encore plus étonnant puisqu’il dessine une courbe sinusoïdale qui suit les saisons avec des quantités variant de 229 kilos en août à 150 en novembre. Parallèlement à cela le nombre de produits différents consommés chaque mois est relativement stable et s’établit à une moyenne de 86.

Evolution sur 9 mois des quantités
Cet étrange phénomène est-il conjoncturel ? Le constaterait-on dans d’autres ménages qui pratiquent le même mode d’alimentation ? Pour l’heure, je ne vois pas explication satisfaisante. J’avance seulement quelques hypothèses : l’abondance de certains produits plutôt bon marché tels que le melon et les tomates en été, les agrumes en hiver ; la diversité des principaux produits consommés pourrait peut-être amener à consommer davantage lorsqu’elle est plus réduite. En tout cas, ce phénomène relance l’intérêt de l’enquête car il sera déterminant de voir s’il se confirme au cours de l’année qui vient. Et vous qui me suivez chaque mois, avez-vous commencé à relever vos achats alimentaires ? C’est facile, ça ne prend que quelques minutes chaque semaine et cela révèle parfois des réalités insoupçonnées.